Bonjour à toutes et tous,

Ceci est le premier témoignage d’une série, que Charline et sa maman Sylvie ont eu la gentillesse de me transmettre. Je remercie au passage Joanna d’avoir eu l’idée de récolter ces petits bouts de vie, qui j’en suis certaine, feront écho à nos histoires, à celles de vos amies, de votre maman, de votre sœur, de votre copine, et à bien d’autres.

Cette rubrique, très justement appelée « F*ck**g pilule », est issue du brainstorming constant émanant de notre groupe Facebook, créé de mes petites mains il y a maintenant plus de trois ans, mais surtout alimenté et enrichi au quotidien par plus de 2000 femmes, toutes animées par un même but : être en bonne santé, que celle-ci soit physique ou psychique.

Ceci étant dit, place aux protagonistes : (Le discours n’a pas été modifié)

Charline, la fille :

J

‘ai commencé la pilule à 13 ans, à la proposition d’une dermatologue comme solution à mon acné. À cette époque j’avais des cycles de 15 jours et relativement abondants. On m’a alors présenté la pilule, Diane35 comme solution à mes problèmes. On m’a prévenue qu’elle avait été retirée du marché, j’ai alors pensé « Attendez, c’est dangereux votre truc ? » mais on m’a répondu que non. Alors du peu de recul que je pouvais avoir à cet âge, j’ai accepté.

Très vite, mon acné a disparu, mes règles étaient plus viables. Mais très vite aussi, des migraines sont apparues et tout un tas d’examens à ce sujet, sans réponse. Du coup, on m’a passé sous Cerazette en me disant « elle est moins dosée et moins dangereuse » ah.. vous avouez enfin que quelque chose cloche j’ai alors pensé. Mais ça a été un échec total puisque je saignais en continu. J’ai alors pris Triafémi, au début tout allait bien mis à part des migraines et des larmes qui en suivaient. Je l’ai supportée environ 2 ans en ayant toujours en tête que ce n’était peut être pas si bon.

À 16 ans, mon acné a fait son retour. Plus tard, j’ai commencé à enchaîner les mycoses puis à en faire à chaque règles. Je ne supportais en fait plus aucune protection, il m’a fallu passer à des protections bio et en coton (ce n’est pas plus mal), ça allait alors mieux mais les mycoses persistaient. Il en a suivi une sécheresse vaginale. En fait, chaque règles étaient un enfer pour moi.

À côté de cela, ayant un copain, je me suis demandé pourquoi je n’avais jamais envie. J’ai d’abord pensé que c’est parce que je suis jeune d’abord puis je me suis trouvée anormale. Malgré le fait qu’il me rassurait, il y avait quelque chose de plus pour moi. À ce moment, je me suis mise à penser que la pilule en était le facteur. Je suis donc allée chez ma gynécologue qui m’a donné comme solution à ce problème une nouvelle pilule. « Ah.. vous avez vraiment que ce mot à la bouche.. Super.. Bon, ok. » Je me suis alors dit que si ça ne marchait pas, j’arrêterais définitivement, je n’en pouvais plus. Il s’est passé un mois avec cette nouvelle pilule. Un mois sans mycose, sans acné mais aussi sans libido. Et boum.. spotting. 1 semaine, 2 semaines, la gynécologue me propose de me passer sous Luteran, une ménopause artificielle. « non mais ça va pas ? » puis 3 semaines, puis 4… Stop. J’en peux plus.

Soutenue par ma maman et mon copain, j’ai arrêté. À partir de ce jour, je me suis découverte. Je me sentais mieux, mon état émotionnel s’est stabilisé. J’étais moins irritable, plus de sautes d’humeur et c’était plus agréable pour tout le monde. Ma libido est remontée et je me suis enfin sentie normale et sous contrôle de mon corps. Plus jamais une seule mycose, j’ai eu la chance d’être réglée comme une horloge à 30 jours de cycle. Mes migraines ont diminué pour n’arriver qu’à chaque ovulation. Malheureusement, mon acné à fait son retour en force. J’ai failli craquer et reprendre ces comprimés mais soutenue par mon copain qui me disait que c’était normal, que ça allait passer et ma maman qui me répétait sans cesse que j’étais tout aussi jolie, j’ai été poussée à persévérer.

Aujourd’hui, j’ai 17 ans et cela fait 8 mois que j’ai arrêté la pilule. Mon acné diminue et je ne me suis jamais autant sentie femme. Je viens de me faire poser un DIU (Dispositif Intra Utérin) et je croise les doigts pour que ça aille. Je pense que prendre la pilule c’est se priver de notre corps en plus de son l’impact écologique.

Sylvie, la maman :

Quel bonheur de mettre au monde une fille, mais quelle angoisse que provoque l’adolescence.

Je me suis toujours dit que jamais ma fille ne prendra de pilule. Malheureusement, que faire vers la souffrance d’une si jeune femme face à son acné. L’obliger à ne pas prendre la pilule ? Cela veut aussi dire la laisser avec une acné sévère et un manque de confiance en soi à l’âge où on en a le plus besoin. Je lui ai donc laissé le choix.

J’avais l’impression de l’empoisonner. Quelques années après, face aux problèmes que ça lui a causés, un jour le tant attendu « Maman j’en ai marre j’arrête tout ». À ce moment, j’ai été surprise de sa décision. Pourquoi ? J’ai su peu après qu’elle était sur le groupe Facebook de Dearlobbies. Je me suis sentie revivre mais quelque part un peu jalouse, ce n’était pas moi qui avais réussi à lui faire prendre conscience des méfaits de la pilule. Mais tellement soulagée.

Certes, il y a eu des bas, des doutes quant à la contraception après son arrêt. Mais encore une fois Dearlobbies lui a proposé le bon chemin. Elle y a trouvé l’alternative du DIU (Dispositif Intra Utérin) que j’ai également eu. J’ai eu peur qu’elle souffre, ma seule fille, mon bébé ! Mais encore une fois grace à vous et Gyn&co elle a trouvé un bon médecin qui lui a posé sans douleur.

Aujourd’hui je vous remercie tous d’avoir sauvé ma fille.

Mille merci à Charline et sa maman pour ce premier témoignage. Je me joins à elles pour remercier toutes les personnes présentes sur le groupe, qui aident, parfois sans en mesurer l’impact, d’autres femmes à trouver la force de se battre.
Si vous souhaitez vous aussi témoigner, n’hésitez pas à me contacter :