Ce témoignage n’a pas été modifié

 

On ne m’avait jamais parlé des risques de la pilule. Alors, à mes 18 ans, commençant à avoir des règles assez irrégulières et pour me protéger, j’ai décidé de la prendre. On m’a prescrit Optidril (optilova) toujours sans me prévenir d’effets secondaires possibles. Je m’étais toujours dit que les professionnels de santé voulaient que notre bonne santé… J’ai eu peu d’effets secondaires avec cette contraception, ou du moins je ne m’en rendais pas vraiment compte.

Avec du recul, j’avais de nouveau des migraines ophtalmiques que je n’avais pas eu depuis que j’étais petite. Puis, j’ai attrapé des microkystes au visage durant mes 20 ans… la raison pour laquelle je me suis rendue chez un médecin pour lui demander de me trouver un traitement. Ce médecin m’a donc proposé un traitement, mais également de me changer ma pilule pour Diane 35. Toujours autant ignorante, je l’accepte. Pourtant, elle me dit bien qu’elle n’est pas remboursée… et rajoute qu’il faut que je la commence dès le lendemain (sans m’avoir prescrit aucun bilan sanguin mais cela ne m’alerte pas non plus, je me dis qu’elle sait ce qu’elle fait). Je commence à faire de plus en plus de migraines dont une qui m’a fait penser sincèrement à un AVC deux mois après avoir commencé cette pilule. Deux jours après commence la descente aux enfers… je me retrouve « coincée » dans un autre monde, du jour au lendemain.

En effet, je me suis mise à faire de la déréalisation/dépersonnalisation, à avoir mal aux cervicales, une totale perte d’appétit, un temps de réaction extrêmement long, des insomnies par cause de paniques, une perte totale de la notion du temps, une peur de mourir, d’énormes pertes de mémoire, une vision « bizarre ».

Je retourne chez ce fameux médecin qui en retient seulement mes migraines et me donne une feuille pour que j’écrive à quel moment j’ai des migraines… rien à voir avec ce que ça me faisait.

Je me retrouve aux urgences deux fois. La première on me dit « ce sont des migraines » sans me faire aucun examen. La deuxième fois, j’y retourne car mon médecin généraliste (qui n’était pas celui vers lequel j’ai été pour mes problèmes de peau) s’inquiète d’un éventuel AVC. Je passe donc un IRM cérébrale et heureusement, rien à signaler « ce sont des migraines ». Mais j’étais encore dans cet état, 24h/24…

Je me rends donc chez mon médecin généraliste, et là il est remplacé par une femme qui me prend littéralement pour une folle et me dit qu’il faut que j’aille voir un psychiatre, que je présente des formes de psychose. Ma maman ne voulait pas l’accepter et il était hors de question de me voir prendre des anti-dépresseurs.

Je retourne alors chez mon médecin généraliste lorsque c’était bien lui. De suite, quand je lui dis que je prends la Diane 35 sa réaction fut fulgurante « mais elle est complètement folle de te l’avoir prescrite, quelques mois de plus et ton corps serait totalement détraqué ! Si je dois la prescrire je fais tout un tas d’examens avant pour voir si la patiente peut la supporter ou non! ». Il était persuadé que tous mes problèmes venaient de là. Je discute alors avec ma sage femme qui, directement, m’envoie de nombreux liens d’internet parlant de la dangerosité de cette pilule. Je vais la voir pour poser un DIU cuivre et arrêter la pilule, elle me dit alors « je ne l’a prescrit jamais, cette pilule me fait trop peur »…

J’ai passé 4 mois constant dans cet état extrêmement dur, je me pensais dans un rêve et je me demandais si j’étais vraiment vivante… j’étais comme droguée, j’avais du mal à comprendre ce que l’on me disait, j’avais peur de sortir de chez moi ou de voir mes proches. Sortir de mon lit annonçait l’horreur. Je n’arrive toujours pas à mettre des mots sur cette horrible souffrance mais ce que j’ai compris c’est que nos corps nous font passer énormément de messages et qu’il ne faut pas les ignorer.

Aujourd’hui, cela fait bientôt 9 mois que j’ai arrêté la pilule et je retrouve une bonne libido et ma santé se remet petit à petit : c’est très long mais quand je vois ce que j’ai traversé je vois que je suis sur la bonne voie de la totale guérison. Selon mon cycle, je ressens encore parfois toute cette anxiété mais cela est beaucoup plus contrôlable. J’ai eu une énorme poussée d’acné qui commence à se calmer (je suis sous traitement malheureusement mais je n’ai pas trouvé de produits naturels qui ont réussi à me soulager, je ne voulais plus que l’on me voie ni me voir…). Je m’en sors grâce à ces femmes qui m’ont aidée et qui ont vécu une situation similaire à la mienne. Et, j’ai eu la chance d’avoir des proches qui ont toujours été là et un copain qui a tout fait pour rester présent malgré tout cela.

Aujourd’hui, je conseille à mon entourage d’arrêter ces hormones de synthèse, car certes, certaines femmes ont l’impression de n’avoir aucun effet secondaire et pourtant… Plus mon corps se remet de cette horreur, plus je me redécouvre psychologiquement comme physiquement.

Merci à Charlène pour ce témoignage.
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