Version audio : Dearlobbies. Puzzles – Saison 2 – Episode 3 > La pilule contraceptive. Soundcloud, le 3 février 2019 (3:41) > Si vous ne disposez pas de compte Soundcloud, cliquez sur « Ecouter dans le navigateur »

 

C

e qui est bien c’est que je n’aurai pas eu de mal à partir avec mon stock de plaquettes de pilule. Seule la pharmacienne a rechigné à m’en donner autant, les médecins, eux,  ont été compréhensifs. Je suis en tout cas tranquille de ce côté-là, je garderai ma peau de bébé tout du long et qui sait, je pourrai peut-être du coup rencontrer un bel américain !

Les mois passent et je me familiarise avec mon pays d’adoption, mon école se trouve sur Collins Avenue à Miami Beach, en plein sur la plage, autrement dit, le rêve ! Je ne suis jamais autant sortie de ma vie, je m’amuse comme une folle, j’enchaîne les nuits blanches, les soirées sur la plage, les fêtes, j’ai l’impression d’être dans une autre dimension, et pourtant.

Et pourtant ces épisodes tristes persistent. Mais bon sang d’où ça me vient tout ça ? J’ai beau chercher je ne comprends pas, j’ai une chance inouïe d’être ici, plein d’amis et absolument AUCUN souci ! J’arrive même à mettre en place un petit business, je fais des tresses (braids) plutôt bien payées aux étudiants, j’ai de l’argent de poche, tout roule. Je suis plus qu’épanouie, à tous les niveaux.

Oui mais voilà, il n’empêche que je me sens régulièrement déprimée sans aucune raison, des sentiments profonds insurmontables, un désespoir venant de nulle part si bien que je m’enferme souvent dans ma chambre sans l’envie de me « confronter » à qui que ce soit. Je m’évade de ma vie pourtant rêvée en regardant les derniers épisodes de Sex and the city. Je programme les sous-titres en anglais sur ma télé carrée old school (c’était tout de même il y a 14 ans) pour m’améliorer, histoire que mes petites crises servent quand même à quelque chose, et ça fonctionne plutôt bien. Je fais semblant que tout va bien, car c’est le cas, tout va bien.

Il est 6 heures du matin et on est là sur Washington Avenue à se manger une pizza, on y croise les joueurs de Miami Heat, les Yankees de New York, Coolio, Fat Joe, un monde résolument à part, je fais même copain copain avec Eddie Jones. Il faut dire qu’on a dansé toute la nuit, on avait faim, et ça va être dur d’enchaîner avec l’école dans deux heures, mais ce n’est pas tant ça le problème, je n’ai cours que jusqu’à 13 heures, je tiendrai le coup, mais cette migraine ! Je ne bois pas d’alcool, je ne me drogue pas, c’est à cause de ce p***** d’accident de snowboard qui me poursuit trois années plus tard ! Je me couche, mon masque sur les yeux, tant pis pour cette matinée de cours, et les autres.

2005

Los Angeles. J’ai déménagé, j’en avais marre d’entendre tout le monde parler français ou espagnol et ce n’était certainement pas d’être physiquement dans le pays qui me rendrait « fluent » en anglais. Cette fois-ci je suis dans une université américaine, elle est si grande qu’un petit train y circule pour aller d’un bout à l’autre du campus. Une équipe de soccer féminine, de basket masculine, de football américain, de natation, des cheerleaders, une bibliothèque géante, une salle de sport, et … mon coach de boxe. Il est si beau, si musclé, je fonds complètement ! Damnnn ! Je ne rate pas un entraînement. Le temps passant, on se tourne autour, on se rapproche, on se taquine, on se câline …

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Marie Astier. Risques pour la santé et pour l’environnement, la pilule contraceptive en question. Reporterre, le 17 septembre 2017

Quand on enlève les études dont les auteurs ont des conflits d’intérêts, et qu’on ne s’adresse qu’à des scientifiques indépendants, c’est marrant de voir combien le discours sur les hormones synthétiques devient plus pondéré et moins optimiste. […] Les recherches ont été menées par des gens qui n’ont pas du tout écouté les femmes qui testaient les premières pilules. Celles-ci rapportaient plein d’effets secondaires. Par ailleurs, les chercheurs sur la pilule considéraient que les classes supérieures avaient déjà atteint la maîtrise de leur contraception, et avaient surtout peur, dans un contexte de guerre froide, de voir des hordes de pauvres gens se reproduire en masse et commencer à les dominer numériquement.

Sabrina Debusquat. J’arrête la pilule. J’ai Lu, 2018. 288 p. (7,20 €)
La visualisation Amazon est utilisée car elle rend possible la lecture d’un extrait de l’ouvrage mis en avant. Je vous encourage néanmoins à faire vivre vos librairies de quartier, si les livres évoqués y sont disponibles. N’hésitez pas à utiliser l’outil librairiesindependantes.com afin de savoir où vous procurer les références mentionnées près de chez vous.
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