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Paris, le vendredi 5 mai 1989. C’est l’heure du déjeuner. Le temps est radieux. Les matinées sont encore fraîches, et les après-midis de plus en plus ensoleillés. Il ne pleut plus depuis déjà quelques jours. Il faut croire que c’est enfin la belle saison. Il doit faire aux alentours de 25°C.

Chaque jour, Jean-Pierre quitte son travail aux environs de midi afin de rejoindre les locaux de la banque, situés un peu plus haut, au numéro 68 de cette même rue de Caumartin. L’ambiance est légère, et les parisiens visiblement ravis de ces premières chaleurs printanières. Sur le chemin, le soleil – se rapprochant de son zénith – tape sur les dorures majestueuses des façades, fenêtres et toitures des bâtiments occupés par le Printemps, classées monuments historiques. Les rues se remplissent à vue d’œil. Un agréable brouhaha s’installe. Les pigeons roucoulent, semblent se chamailler, puis battent bruyamment des ailes et s’envolent, laissant au passage quelques plumes grises et blanches s’échapper.

Quelques mètres plus loin, sur la gauche, se dresse l’impressionnant couvent des Capucins, dont les marches entourées de colonnes de style antique accueillent les travailleurs en pause, pour quelques instants de répit.

Passé quelques terrasses, nous voici au 68, bel immeuble de six étages typiques du quartier Chaussée-d’Antin, en bout de rue, bâti en 1785. À l’intérieur, un escalier en colimaçon revêtu d’un élégant tapis, s’enroule autour de l’ascenseur métallique, dont la porte est si bruyante qu’elle fait résonner toute sa structure. Jean Pierre emprunte l’escalier. Le bureau dans lequel il se rend n’est pas plus grand que les deux tables de couleur brune qu’il accueille, disposées de manière parallèle. C’est ici qu’il reçoit, avec – l’autre – Jean-Pierre, les porteurs de projets. La petite fenêtre, dont le verre est dépoli et donnant sur cour, ne rend pas la pièce très lumineuse, malgré la clarté du jour. Les étagères parsemées de dossiers de couleurs habillent la pièce. Des piles de ces mêmes dossiers coiffent également les bureaux, entourés de feuilles blanches et prises de notes manuscrites. Les cliquetis aigus des touches de la machine à écrire utilisée par la secrétaire, ponctués des « dings » et bruits de rails des retours chariot, et du frottement sourd de la feuille contre le rouleau, rythment les minutes qui passent. Le téléphone à cadran rotatif, installé un peu plus loin, fend régulièrement cette atmosphère, de sa sonnerie emblématique. Les appels sont de plus en plus nombreux.

Quelqu’un frappe à la porte, c’est l’heure du premier rendez-vous de la journée. Le but de ces rendez-vous, s’attacher à connaitre la personne reçue, et veiller à ce que ses projets soient cohérents d’une part avec les valeurs de la Nef, d’autre part avec ses compétences et possibilités de développement. Tout le monde s’installe. La sonnerie du téléphone fend à nouveau l’espace.


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Pour aller plus loin

Fédération Européenne des banques Ethiques et Alternatives (FEBEA)
Rapport Oxfam : Banques : des engagements climat à prendre au 4ème degré paru le 27 octobre 2020
Rapport Les Amis de la Terre : La colossale empreinte carbone des banques : une affaire d’État paru en novembre 2019