Il y a différents types d’intelligence, différents niveaux de conscience, mais aussi différents types d’appréhension.

Je m’explique. Les jeunes, à qui l’on reproche trop souvent leur manque d’expérience, ont au contraire d’après moi de très précieux atouts que leurs aînés n’ont plus : l’instinct, l’intuition, mais aussi et surtout, une bien plus grande capacité de contextualisation. En effet, plus il nous reste d’années théoriques à vivre, plus cette capacité est grande, et plus elle est pertinente.

Est-ce simplement lié à leur jeune âge, ou au fait qu’ils n’ont pas encore été totalement formatés ? Ou bien alors, les deux ?

Ils ont la fraîcheur de la découverte. Je pense vraiment que nous perdons énormément à sous-estimer l’avis non seulement des jeunes, mais aussi des enfants. Ils ont une intelligence pure, dénuée – en tout cas partiellement – de biais cognitifs. Leurs analyses sont précieuses. Je dirais presque qu’ils sont encore sauvages – terme positif détourné par ceux qui ont justement détruit le monde sauvage. Comme pour détourner le sens de leurs actions, en s’accaparant – en plus de tout le reste – le sens des mots. Nous avons pourtant tant à apprendre de ce monde, de ces êtres aux âmes encore pures et non formatées, non asservies. Nous aurions tant à y gagner.

Pourquoi devrions nous écouter ceux-là mêmes qui ont généré chez nous cette posture désormais vitale de rébellion ? Pourquoi devrions nous écouter ceux qui laisseront après eux se déchaîner un déluge consciemment créé ? Pour leur permettre une fin de vie calme et prospère ? Le méritent ils seulement ? Leur vie est-elle plus importante que celle de la grande majorité de la population terrestre ?

Assurément, non.