Ce billet réflexif a été écrit en collaboration avec l’Aquaculture Stewardship Council (ASC).


Aujourd’hui est un grand jour. Non seulement parce que je reprends (enfin) les partenariats sur ce compte, mais également car ceci est l’occasion parfaite pour moi de vous présenter le nouvel angle éditorial (il y en aura dans les faits plusieurs, mais nous y reviendrons) choisi en toute conscience pour ce compte.
Inutile de vous préciser que cela m’a valu des mois – très clairement, sans exagération – de réflexions intenses.
J’ai toujours été transparente avec vous, et cela ne changera pas. Les lignes à suivre ne sont ni des excuses, ni des justifications, mais simplement l’explication de mes choix éclairés, que vous serez libres d’accueillir comme bon vous semble.

Il va de soi que les personnes d’ores et déjà véganes ou végétariennes ne sont pas concernées par cette publication, et à ce titre, je demanderai à celles qui regarderont d’un oeil atterré ma démarche (ce que mon ancienne moi comprend, soyons honnêtes) de simplement tenter de prendre du recul sur le monde et de le regarder tel qu’il est.

En effet, selon l’enquête 2020 de France Agrimer, les omnivores sont largement majoritaires au sein de la population française (74% soit 33 millions de personnes) suivis par les flexitariens (24% pour 10,6 millions), les pescétariens (1,1% soit 495000), les végétariens (0,8% soit 375000) et enfin les vegans (0,3% soit 115000).

La marge de “progression” est, vous en conviendrez, immense.
Ce post s’adresse donc théoriquement à : approximativement 41 millions de français.
À ces 41 millions de français qui consomment ce que l’on appelle “les produits de la mer”.

Venons-en au contexte.

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée par l’Aquaculture Stewardship Council (ASC) afin de faire connaître leurs activités à mon audience. Mon ancienne moi n’aurait je crois, même pas répondu, mais ma nouvelle moi a trouvé cette proposition très intéressante car idéale pour illustrer et affirmer la nouvelle ligne éditoriale que je tente de mettre en place : le réalisme.

L’Aquaculture Stewardship Council (ASC), est une ONG (Organisation non gouvernementale) indépendante dont l’objectif est de rendre l’aquaculture plus respectueuse de l’environnement et des droits humains.

Il n’est absolument pas question ici d’inciter qui que ce soit à consommer quoi que ce soit, mais simplement d’informer celles et ceux se sentant concernés, que des alternatives plus responsables que le mode de consommation “standard” existent. Imparfaites certes, mais assurément meilleures.

S’adresser aux convaincus pour leur expliquer ce qu’ils savent déjà serait pourtant tellement plus confortable. Mais serait-ce réellement utile ? Pour l’apaisement au quotidien, assurément. Pour travailler à l’expansion par la compréhension de nos luttes, beaucoup moins.

Oui mais Roxane, tu sais bien ce qu’il faudrait faire ! Ce que tu proposes est insuffisant !
Je le sais. Et je sais aussi que le manque de réalisme n’aide absolument pas nos luttes, parfois sclérosées par une vision beaucoup trop étroite, idéaliste et condescendante à s’ouvrir au monde qui nous entoure. C’est un fait.

Mais alors, pourquoi est-ce que je mange encore du poisson ?

Cette question me revient en boucle pour la simple et bonne raison que je ne mange par ailleurs plus de viande depuis des années, et que cela n’a pas été un choix, mais un dégoût soudain.

Alors pourquoi ne pas faire de même avec le poisson ?

Ma conclusion a été la suivante : élever pour tuer m’horripile au plus haut point, là où la consommation de poissons sauvages me paraissait plus “logique” jusqu’à ce que mon estomac me rappelle que je vis à Paris et pas au beau milieu de l’Atlantique, ce qui n’est pas tellement plus cohérent.

De plus, l’océan, plus que jamais, doit être préservé.

Voici un bref aperçu de la foule de dissonances cognitives qui peuplent ma tête et mon cœur, et dont je me suis accommodée au fil du temps, au profit d’un certain équilibre me tenant tout simplement à flots.

Arrêtons de nous parler exclusivement entre nous.
Arrêtons de juger à outrance.
Élargissons notre grille de lecture.
Arrêtons de cancel l’imparfait.
Comment d’ailleurs être parfait dans un monde imparfait ?
Faut-il simplement mettre en avant la perfection ?
La perfection mobilise-t-elle ?
Le parfait est-il seulement parfait, ou l’est-il uniquement via certains prismes ?

Cassons les murs de notre forteresse de pureté, et accueillons sans haine les évolutions différentes des nôtres.

Merci à mes amis non militants de m’avoir chahutée.
Merci à eux de m’avoir permis de comprendre que les injonctions ne fonctionnaient pas.
Merci à eux de m’avoir extirpée du milieu toxique, nocif, centré sur lui-même et condescendant dans lequel j’évoluais.

A la majorité.
A cette majorité, qui nous regarde de loin, qui autrefois nous jugeait, et maintenant nous observe.
A cette majorité qui devient petit à petit sensible aux problématiques que nous mettons en avant, car elle ne peut que les constater.
À cette majorité qui aimerait évoluer, sans trop savoir comment.
Reconnaissons les avancées, même imparfaites.

Toute la semaine, je vous parlerai de l’océan, de manière totalement transparente, car l’ASC me fait confiance et me laisse aborder le sujet librement.

Les commentaires sont ouverts et bienvenus, mais je m’octroie – évidemment – le droit légitime de supprimer tous ceux volontairement exempts de respect.


Disclaimer :

Avant toute chose et en préambule de la lecture de cette publication, cette collaboration est pour moi l’occasion de faire d’une pierre deux coups. Ce billet me permet d’inscrire et d’assumer ma « nouvelle » ligne éditoriale : celle du réalisme. Evidemment qu’il faudrait faire plus, faire mieux. Mais faire mieux, c’est aussi savoir se remettre en question et lâcher prise afin d’explorer une stratégie moins ambitieuse mais que j’espère plus efficace, car moins « extrême » et plus adaptée. Plus ambitieuse, au final ? Vos premiers retours répondront à cette question. Plus challengeante, assurément. Pas moins radicale en revanche, simplement plus en phase avec le contexte global, un contexte global qu’il est nécessaire d’accepter tel qu’il est, mouvant, fait d’humains dont les considérations et les priorités ne sont pour le moment pas les mêmes que les nôtres et que les injonctions braquent.
J’ai décidé d’appeler ce nouveau type de contenu, les « billets réflexifs ». Je vous encourage donc à lire ce premier billet – qui ne s’adresse pas directement aux convaincus – comme étant une base de réflexion plutôt qu’un partage d’opinions. Je vous invite également à tenter de vous détacher de tout jugement émotionnel, et à faire un effort de compréhension.
Vos premières pensées seront peut-être celles de votre masque social. C’est ce qui arrive souvent à la lecture de posts engagés et où perçus comme imparfaits (selon la sacro-sainte pureté militante). Maintenant, concentrez vous. Pensez-vous la même chose que votre masque social ? Malgré vos convictions, ne trouvez-vous pas cette stratégie plus appropriée ?
Dans le cas où vous souhaiteriez poser des questions directement à l’équipe de l’ASC, un LIVE est prévu ce jeudi, à 18 heures. N’hésitez donc pas à les noter soigneusement.

(4 commentaires)

  1. Hello Roxane, merci pour ce post ! Effectivement, venant d’un milieu non-militant, sensible à l’écologie mais réfractaire aux changements « trop radicaux » (bien que cela serait l’idéal et est même nécessaire), je partage ta réflexion sur l’impact plus important du réalisme que de l’idéalisme. Le militantisme puriste et dans le jugement fait peur et braque la plupart d’entre nous sur leurs positions. La méthode des « petits pas » est insuffisante mais peut permettre de déclencher des changements de comportements chez une proportion plus importante de personne parce qu’elle parait plus accessible et le mécanisme de récompense pour « bonne action » est plus immédiat. Toi qui a étudié le cerveau, est-ce la ta stratégie derrière cette nouvelle méthodologie ?
    Je ne suis pas contre un post dans lequel tu développerai ta conception du militantisme écologique « réaliste ».

  2. Merci pour ce post Roxane !
    Pour ma part, j’aimerais continuer à manger du poisson de temps en temps, mais ma grande question, c’est où l’acheter ?? Le nombre de fois où je me fais avoir dans les poissonneries, et autres points de vente… Comment savoir si le poisson a été respecté, d’où il vient etc. Je ne fais plus confiance. Donc j’en consomme quasi plus du tout.
    Pour la viande, j’en mange peu également.

  3. Merci pour ce post.
    Je suis très sensible aux questions environnementales depuis très longtemps et je me suis toujours considérée écolo (bien que n’ayant pris la mesure réelles des dégâts depuis qques années seulement) et le bien-être animal est primordial pour moi.
    Cependant, je ne peux me résoudre à devenir vegan, ni même végétarienne d’ailleurs: j’ai essayé le végétarisme mais ce régime ne me convient pas. Je mange très peu de viande/poisson (3 repas carnés/semaine grand maximum, 2 la plupart du temps) et je fais très attention où je me fournis, et à quand manger quoi. Mais je continue de manger de la chair animale. Et me considère pourtant complètement légitime dans ma lutte. J’essaie juste de jongler au mieux avec mes idées, le réel qui nous crie l’urgence de revoir nos modes de vie, mais aussi mes besoins (le végétarisme ne me convient pas) et tant pis si les écolos parfaits crient à l’incohérence pour ces quelques repas impurs !
    Merci de ne pas prendre ce genre de posture, de toute façon super contre-productive pour nos luttes comme tu le démontres bien.

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