S’il est une chose que déteste le public, c’est la nouveauté. Toute tentative d’élargir le domaine de l’art lui est désagréable, alors que la vitalité et les progrès de l’art dépendent pour une grande part de l’extension de son domaine. Le public déteste la nouveauté parce qu’il en a peur. Il y voit un genre d’individualisme, la prétention de l’artiste à choisir son sujet propre et à le traiter à son gré. Le public a bien raison de réagir ainsi. L’art est individualiste, et l’individualisme dérange. Il désintègre. Là réside son immense valeur, car ce qu’il entend déranger, c’est la monotonie du stéréotype, l’esclavage de la tradition, la tyrannie de l’habitude et de la réduction de l’homme au niveau de machine.