Angers, le jeudi 11 février 2038


Bienvenue dans mon propre futur.

Nous sommes en février 2038 et l’air est lourd, chaud. Le ciel est gris foncé, menaçant. Il commence à se faire tard et je dois encore faire quelques courses avant de rejoindre ma fille à son cours de sport. J’espère passer entre les gouttes.

Depuis septembre 2019 et l’ouragan Lorenzo – premier phénomène météorologique de cette ampleur jamais observé au Nord-Est de l’Atlantique – les dépressions de ce type sont de plus en plus fréquentes sur la côte Ouest de l’Europe.

Le vent souffle la capuche de mon ciré jaune, que je dois remettre sans cesse. Il faut vraiment que je prenne le temps de remplacer le cordon. Les bourrasques m’agacent, et dans le même temps, me donnent l’impression de mieux respirer.

Une fois à l’abri dans le magasin, je manque de glisser sur le sol et de faire un vol plané, je me rattrape in extremis. Les semelles usées de mes bottes m’obligent à faire moins vite que prévu, et à poser ma main droite sur les étals pour ne pas perdre l’équilibre. La pluie s’est infiltrée sous la porte, et les pompes d’évacuation ne fonctionnant pas aujourd’hui, le sol est une véritable patinoire.

Journée pluvieuse, journée heureuse, disait-on à l’époque, et c’est effectivement le cas. Ce soir, je fête avec un peu d’avance mes cinquante et un ans, entourée de mes proches. Depuis l’exode urbain de la fin des années 2020, il est courant que les familles, autrefois disséminées, vivent à nouveau sous le même toit, comme c’est le cas pour nous. Fort heureusement, la cohabitation entre générations se passe plutôt – même si pas toujours – bien.

Les petits derniers de la famille, Eva et Pablo, adolescents, ont été conçus quelques mois après l’entrée en vigueur en 2022 des lois relatives à la politique mondiale de l’enfant unique et de l’état d’urgence généralisé, décrété suite à l’effondrement soudain et massif des ressources. Hors grossesses gémellaires et adoptions, les atteintes à la loi font risquer aux principales et principaux intéressés de lourdes sanctions, en sus des amendes et taxes à vie.

En attendant mon tour à la caisse, plongée dans mes pensées, mon coeur se met à battre de plus en plus vite, de plus en plus fort. Comment avons-nous pu en arriver là, nous qui avions encore la possibilité et le pouvoir de tout changer ?

L’Accord de Paris en 2015 et les rapports du GIEC de 2018 et 2019 n’auront pas été suffisants, le sabotage orchestré du traité sur la haute mer en mars 2020 sonnera le point de départ de la descente aux enfers de l’humanité, entraînant avec elle tout le vivant. L’année 2020 était pourtant notre dernière chance, nous le savions, toutes les preuves étaient là, les solutions aussi. Mais ils ont préféré protéger leurs intérêts, et nous avons préféré les laisser faire.

Je ne cesse de culpabiliser. Nous aurions dû nous battre plus fort contre ces monstres aliénés par l’argent et le pouvoir.

Le regard dans le vague, un souvenir plein d’émotion surgit de ma mémoire – que je tente de faire taire pour ne pas sombrer – celui de la mission effectuée à bord de l’Esperanza de Greenpeace durant l’été 2019 avec Julie, Maud, Mélanie, Edina, Sophie, Thiago et tous les autres, avant la catastrophe. Nous étions pleins de force et d’espoir.

Je ne peux retenir mes larmes.

Mon bipper m’extirpe de mes pensées, il est temps de filer prendre le tramway et je dois encore trouver une cabine pour téléphoner à mes parents, qui sont avec Pablo à la maison.

Je dépose à droite de la caisse mes légumes, mes œufs, le pain et un petit morceau de beurre salé. Je passe machinalement mes trois cartes sur le cadran. L’une d’entre elles fait sonner et flasher l’appareil, c’est mauvais signe. La caissière m’informe que mon crédit carbone hebdomadaire est épuisé, et que je dois replacer le beurre au frais là où je l’ai trouvé. Tant pis, tant que ma carte de rationnement reste dans le vert. Ce doit être à cause du chocolat importé acheté lundi pour mon gâteau d’anniversaire.

Qu’il est loin le temps où nous nous baladions avec nos cartes bancaires, sans aucune conscience des impacts de nos achats. Les transactions s’effectuent désormais à trois niveaux, en monnaie locale, en rations nationales, et en crédits carbone internationaux.

En remplissant mes sacs, je me retrouve face aux compartiments réfrigérés. Dire qu’il fût un temps, ils étaient pleins de viande et de poisson.

Mon bipper sonne une nouvelle fois, je vais finir par être en retard. J’appellerai papa et maman plus tard.

Je cours – alors que je ne devrais pas – vers le tramway qui arrive au loin.

Une quinzaine de minutes plus tard, j’arrive enfin à l’arrêt desservant le quartier de la bulle d’Angers.

Ce mois-ci, c’est mon tour. Les enfants n’ont droit qu’à un seul accompagnant, alors leur papa et moi alternons. Je passe sous le souffleur, qui me sèche en un temps record, et j’inspire à pleins poumons. Les fourmis dans mes mains commencent à disparaître. J’entends au loin les bruits des chaussures crissant sur le revêtement synthétique du terrain, quel bonheur ! Je m’installe dans les gradins et observe ma puce jouer au foot. Elle me remarque et m’envoie un bisou, toute fière et heureuse. Je le lui rends en l’encourageant, les yeux pleins d’amour.

Nous sommes en 2038 et les forêts de la planète ont été volontairement consumées par les humains, jusqu’à épuisement. Nous sommes en 2038 et les océans, surexploités et saturés de CO2, sont devenus trop acides, trop chauds. La biodiversité marine s’est effondrée.

Nous manquons cruellement d’oxygène.

Tandis que le monde suffoque, les jeunes gens de certains pays privilégiés peuvent encore faire du sport à raison d’une fois par mois dans ce que l’on appelle « les bulles », ces infrastructures alimentées en oxygène rattachées aux hôpitaux. Les adultes eux, sont encouragés à marcher pour rester en forme, puisque n’ayant plus accès aux centres sportifs équipés que deux fois dans l’année. Chaque citoyen est également supplémenté en oxygène portable lorsqu’il effectue ses travaux obligatoires aux champs.

Si seulement nous avions pu nous battre plus fort alors qu’il en était encore temps. Si seulement nous avions pu ne serait-ce qu’imaginer ce qui nous attendait.

Fin.


Le Monde. Le discours de Greta Thunberg à l’ONU. YouTube, le 23 septembre 2019 (4:15)

Le dernier Rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligne qu’il importe de définir, de toute urgence, des mesures prioritaires opportunes, ambitieuses et coordonnées pour faire face aux changements durables sans précédent que subissent l’océan et la cryosphère. […] L’océan se réchauffe, devient plus acide et moins fécond. La fonte des glaciers et des calottes glaciaires entraîne une élévation du niveau de la mer et les phénomènes côtiers extrêmes sont de plus en plus intenses. […] Les glaciers et les calottes glaciaires des régions polaires et montagneuses perdent de la masse, ce qui contribue à l’accélération de l’élévation du niveau de la mer, ainsi qu’à l’expansion de l’océan qui se réchauffe. […] Selon le rapport, le réchauffement de l’eau et les bouleversement de la chimie de l’océan perturbent déjà les espèces à tous les niveaux du réseau alimentaire océanique, ce qui a des répercussions sur les écosystèmes marins et les populations qui en dépendent. […] Le réchauffement de l’océan réduit le brassage entre les différentes couches d’eau et, en conséquence, diminue l’approvisionnement en oxygène et en nutriments nécessaire à la faune et à la flore marines.

Rapport du GIEC 2019 sur les océans et la cryosphère, septembre 2019.

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Ce contenu n’est pas sponsorisé, mais a été écrit en collaboration avec Greenpeace dans le cadre de la campagne #ProtectTheOceans.
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Paris, le dimanche 25 août 2019


Dimanche 25 août 2019

22h30

Nous y sommes presque.

Il se fait tard.

Calée au fond de mon canapé, un coussin sur les genoux pour réhausser mon ordinateur, j’observe par la fenêtre le ciel sombre et mystérieux qui me fait face. Le calendrier que je consulte me confirme que nous nous dirigeons doucement vers la nouvelle lune, qui en s’effaçant laissera bientôt place au plein rayonnement des étoiles.
Si vous saviez comme j’ai hâte de les observer loin de la ville, elles dont les lumières se refléteront bientôt partout autour de nous, dans l’immensité.

Je pense à la pollution lumineuse.

Je pense aux Humains.

Je pense à la voie lactée, à nous, au milieu de tout ça.

Je ferme les yeux et tente de me concentrer.

Mon cœur bat fort.

Je suis anxieuse.

Cela vaut-il vraiment le coup ? Ne suis-je pas en train de me tromper ?

Le vent tiède que me renvoie aléatoirement mon ventilateur au visage a des semblants de brise.

Lundi 26 août 2019

17h

Je suis fatiguée.

Depuis quelques jours, j’ai régulièrement le souffle coupé. Je somatise totalement. Les feux en Amazonie et en Afrique me perturbent profondément et remettent en perspective la mission que nous préparons depuis maintenant plusieurs semaines. J’avais pourtant tout imaginé, mais pas ça, pas ces feux, pas maintenant, pas si vite. Je prends un coup sur la tête.

Je ne cesse de me poser des questions.

J’oscille entre excitation et culpabilité.

Plus que jamais, nous devons communiquer autour de ces enjeux, en espérant (et surtout en faisant en sorte) que la récolte soit supérieure à la mise.

J’oscille entre motivation et résignation.

« Allez, tu ne pouvais pas ne pas participer à ce projet, tu as confiance en Julie et en sa capacité à transmettre des choses. »

Lundi 26 août 2019

19h

Notre live prévu demain matin est annulé.

Les canaux de communication de l’organisation avec laquelle nous partons sont pour le moment totalement dédiés aux feux en Amazonie, et c’est bien normal. Nous le comprenons.

Notre mission n’a donc pour le moment qu’un intérêt secondaire, bien que relevant des mêmes enjeux.

Nous ne pourrons rien vous dire jusqu’à jeudi. Julie et moi devrons broder.

Nous rions beaucoup, elle me rassure.

Mardi 27 août 2019

11h34

C’est donc ça, le Flygskam.

C’est donc lui, qui tourmente mon sommeil sans gêne.

Je frôle la crise de panique.

Julie, Maud, Mélanie et moi en parlons. Nous arrivons à la conclusion que l’impact de notre mission sera (nous l’espérons) bien supérieur aux nuisances engendrées.

Ne serait-ce pas une manière d’apaiser ma conscience alors que je suis précisément en train de nourrir le mal que je tente de combattre ?

Oui, mais.

Oui mais je suis, moi aussi, engluée dans mon confort d’occidentale « pourrie gâtée », c’est un fait.

Lors de l’enregistrement, nous croisons Ghislain et Olivier accompagnés de leurs caisses de matériel. Vivement que nous puissions échanger davantage.

Mardi 27 août 2019

16h37

Le bruit sourd des moteurs Rolls Royce en cabine me bercerait presque. L’ambiance à bord des Airbus fait (et je crois fera toujours) malgré moi partie des zones de confort auxquelles je me suis habituée.

Je me suis enfin calmée.

J’observe les formations nuageuses par le hublot et tente de profiter de ce moment.

J’aime les avions bien plus que de raison, et cela n’arrange pas mon affaire.

Je me lève, je marche, je campe devant les issues, j’écoute, j’observe.

Mardi 27 août 2019

19h35

Je regarde à ma gauche par le hublot. Mon regard revient machinalement sur mon écran, mais il est attiré par l’extérieur. Je mets mon film sur pause.

Ce qui se passe dehors est bien plus beau. Je ne m’attendais pas à la voir de si près, pendant de si longues minutes. Elle est si belle. Jamais je n’ai vu une si belle forêt, et jamais je n’aurais pu la trouver plus belle. Elle est dense, majestueuse, belle de ses irrégularités et de sa biodiversité apparentes, de son camaïeu de vert.

Je suis fascinée.

Le front posé contre la vitre, complètement absorbée, j’oublie de penser à mes voisins qui eux aussi, auraient peut-être aimé profiter de l’atterrissage. Je suis happée par l’instant présent.

Mercredi 28 août

19h30

Il sera notre principal allié, et surtout, notre compagnon de route ces prochains jours.

Né en 1984 à Gdansk en Pologne, plus exactement à Stocznia Polnocna au sud de la Mer Baltique, il est le quatrième d’une fratrie de quatorze.

D’origine Russe mais de nationalité Néerlandaise, initialement spécialisé en recherche et lutte contre les incendies puis reconverti il y a une quinzaine d’années à d’autres activités, il parcourt désormais le monde afin de mettre en lumière et documenter les urgences environnementales.

Après plus de 24 heures d’attente, nous l’apercevons enfin au loin, dans la pénombre.

Habillé d’un vert couleur forêt, enlacé par un arc-en-ciel, il porte le nom de l’espoir. Il parait que les arcs-en-ciel sont insaisissables.

Nous le savions plutôt grand et très résistant, il est effectivement impressionnant.

Lui, c’est L’Esperanza, Espy pour les intimes.

Avec ses 72,3 mètres de long, il est le navire d’expédition le plus imposant de la flotte de Greenpeace.

C’est à son bord que Julie et moi passerons les neuf prochains jours en tant que bénévoles dans le cadre de la campagne #ProtectTheOceans.

À suivre …



Ce contenu n’est pas sponsorisé mais est écrit en collaboration avec Greenpeace France dans le cadre de la campagne #ProtectTheOceansDécouvrez les fictions liées à cette mission.
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Paris, le jeudi 25 juillet 2019


Jeudi 25 juillet 2019

Paris, sous les toits, 42 degrés à l’extérieur, 39 à l’intérieur.

16h23

Troisième journée caniculaire, je crois que je me suis habituée à la chaleur. Mon ventilateur ne brasse plus que de l’air chaud. Mes appareils électroniques sont brûlants, je décide de ne pas les recharger, et d’arrêter de travailler. L’eau fraiche coule encore au robinet, et je suis étonnée d’avoir le réflexe de le vérifier. J’ai de la nourriture. Je pense au futur, je me questionne, je ne sais plus me projeter, je suis en colère.

21h45

37 degrés. Ils chauffent la paume de mes mains. Ils ne se trouvent pas à côté d’un four. Ils sont simplement exposés à la température ambiante. Ils sont bouillants. Je range mes couverts lavés quelques heures plus tôt, hagarde. Cela ne m’était jamais arrivé. Je tâte les murs de mon appartement, mes clés, tout semble avoir emmagasiné et conservé la chaleur écrasante de la journée.

21h52

J’observe le ciel qui s’assombrit, à quoi pourrait ressembler un orage sous ces températures ? Je regarde mon velux, je redoute la grêle, tout autre phénomène météorologique inhabituel. Je ne sais plus à quoi m’attendre. Les pales du ventilateur brassent un air tiède au parfum de pluie, qui s’écrase sur ma peau moite. Mon esprit bouillonne.

Vendredi 26 juillet 2019

10h42

31 degrés. Ma mâchoire me fait mal, comme lorsque je mâche trop de chewing-gums dans une journée. J’ai dû grincer des dents toute la nuit, c’est ce qui arrive lorsque je suis particulièrement anxieuse. J’ai très mal dormi, et ai dû arroser mes jambes d’eau froide entre deux sommes.

J’entends ses clapotis sur le toit et la fenêtre, je n’ai jamais autant aimé voir la pluie arriver.

Fin.


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Avant-première du reportage « Décolonisons l’écologie », fin janvier 2021 à la Cité Fertile

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Le reportage Décolonisons l’écologie, réalisé par A.I.M, Cannelle et Golden Jijy sera présenté en avant première fin janvier 2021 à la Cité Fertile.


Nous recherchons à cette occasion des sponsors et partenaires médias afin de financer l’organisation de cette soirée, qui accueillera par ailleurs un débat/table ronde à la suite de la diffusion. L’occasion pour vous de vous engager clairement dans une réelle convergence des luttes.

Voici un aperçu des contreparties (modulables) (hors partenariats médias) :

  • 500 € : Logo sur l’affiche
  • 750 € : Contrepartie précédente + Présentation du partenariat en en stories sur les comptes de A.I.M (34,3k), Cannelle (13,9k) et Golden Jijy (31,9k)
  • 1000 € : Contreparties précédentes + Logo sur la vidéo d’annonce de l’avant-première
  • 1500 € : Contreparties précédentes + Mise à disposition d’un espace d’installation de stand (matériel non fourni) le jour de la projection à la Cité Fertile
  • 2000 € : Contreparties précédentes + 3 places offertes
  • 2500 € : Contreparties précédentes + Organisation d’une projection débat dans vos locaux (prévoir un défraiement en sus)

Si intéressé.e.s, merci de revenir vers moi avant le dimanche 3 janvier 2021 afin que je puisse vous en dire plus : contact@dearlobbies.com

Si vous travaillez pour un média, nous prévoyons de mettre en place différents types d’échanges de visibilité, dont nous pourrons discuter de vive voix.

Au plaisir d’échanger avec vous.

Merci !

PS : Les dons de particuliers sont également possibles, n’hésitez pas à me contacter : contact@dearlobbies.com


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Concours de Noël 2020

Ce concours n’est pas sponsorisé.

Bonjour à toutes et à tous !

L’année 2020 n’a pas été de tout repos, et que ce soit pour nous, ou pour les professionnel.le.s du « green », un concours 100% éthique ne nous fera pas de mal ! C’est la raison pour laquelle j’ai spontanément contacté les marques présentes dans mon carnet d’adresses afin de faire d’une pierre deux coups :

  • Vous gâter avec près de 100 cadeaux pour finir l’année en beauté (tout est relatif, je sais, mais on fait au mieux) !
  • Leur donner un coup de pousse niveau visibilité

Elles ont été près de trente à me répondre positivement. Je précise par ailleurs que ce concours est organisé de manière bénévole.

Voici les lots mis en jeu :

  • Absolution vous offre 3 huiles Addiction (livraison en France et Europe). Profitez de 15% de réduction et de la livraison gratuite sur tout le site avec le code Dearlobbies (lien affilié, code non affilié) (valable jusqu’au 31/01/2021). Retrouvez Absolution sur Instagram

Les gagnant.e.s sont : Audrey B., Séverine C. et Eve V..

  • Acorelle vous offre 1 lot composé d’un coffret Eau de Parfum L’Envoûtante + son roll-on et d’un coffret déodorant longue durée + sa recharge (livraison en France métropolitaine et Europe). Profitez de 10% de réduction sur tout le site avec le code DEARLOBBIES (non affilié). Retrouvez Acorelle sur Instagram

La gagnante est : Clémence de W..

Les gagnant.e.s sont : Aurore S., Elsa G., Axel D., Anaëlle J. et Emma B..

Les gagnant.e.s sont : Amélie N-P., Safak K., Charlie B., Clémentine B., Juliette L., Clémence L., Agathe R., Mylène V., Thibaut M. et Melissa L..

  • Dans Ma Culotte vous offre 1 lot composé d’une culotte menstruelle au choix (shorty ou culotte taille haute), d’une serviette hygiénique lavable, d’un savon bio détachant et d’une boite de tisanes (livraison en France métropolitaine uniquement). Profitez de 15% de réduction sur tout le site avec le code DEARLOBBIES (non affilié) (valable jusqu’au 21/01/2021). Retrouvez Dans Ma Culotte sur Instagram

La gagnante est : Annaëlle L..

Les gagnant.e.s sont : Axelle T., Meriem K., Nicolas B., Garance F. et Léa M..

La gagnante est : Amina L..

  • Funky Veggie vous offre 1 pack de Fêtes Tout Chococo composé d’un Nuancier Veggie, d’un pot de pâte à tartiner OUF! Cacao-Noisette, d’un sachet de Fourrées Bio Beurre de Cacahuète & Cacao et d’un Cœur de Boule Cacao-Noisettes Praliné (livraison en France métropolitaine). Profitez de 10% de réduction sur tout le site avec le code FunkyDEARLOBBIES (valable jusqu’au 31/01/2021) (non affilié). Retrouvez Funky Veggie sur Instagram

La gagnante est : Gabrielle R..



Les gagnant.e.s sont : Sara P., Alice T., Morgane M., Garance D. et Bianca M..

  • Hank Vegan Burger vous offre 10 menus composés d’un burger, d’un side et d’une boisson (à retirer dans un des trois restaurants Hankburger à Paris, Lyon, et bientôt Lille). Profitez de 10% de réduction dans les restaurants Hank (commandes sur place) avec le code Dearlobbies (valable jusqu’au 10/01/2021) (non affilié). Retrouvez Hank sur Instagram

Les gagnant.e.s sont : Audrey C., Axelle G., Clara H., Lola H., Noeline T., Sarah M., Lola N., Florine M., Violette F. et Anaëlle C..

La gagnante est : Michèle F..

La gagnante est : Alexandra R..

La gagnante est : Amalia De S..

  • La Savonnerie de la Chapelle vous offre 10 lots composés d’un savon de Fleur des Sables, d’un savon Andalou, d’un Prodige Abricot et d’un baume à lèvres Cacao (livraison en France métropolitaine). Profitez de 10% de réduction sur tout le site avec le code DEARLOBBIES (non affilié). Retrouvez La Savonnerie de la Chapelle sur Instagram

Les gagnant.e.s sont : Alix C., Laura M., Milica S., Aurore Le D., Clotilde M., Vanessa S., Jade F., Noémie F. Laurine P. et Clara L..

Les gagnant.e.s sont : Laila C., Clarisse F. et Justin P..

Les gagnant.e.s sont : Noemie L., Dzovick E., Alexandra C., Sarah B. et Mélanie L..



  • L’esperluète vous offre 5 lots composés d’une huile démaquillante à l’huile essentielle de néroli, d’un baume à lèvres à la vanille, d’un savon N°03 et d’une huile de jojoba (livraison en France métropolitaine et Belgique). Profitez de 15% de réduction sur tout le site avec le code Dearlobbies (non affilié). Retrouvez L’esperluète sur Instagram

Les gagnant.e.s sont : Elisa D. F., Eugenie L., Mélanie O., Tenessee R. et Léa P..

La gagnante est : Marie L..

La gagnante est : Manon C..

  • Minastorm vous offre 1 ensemble Noir-Irisé composé d’une brassière Mina et d’une culotte menstruelle Claudie (livraison en France métropolitaine). Retrouvez Minastorm sur Instagram

La gagnante est : Estelle D..

La gagnante est : Aloha S..

La gagnante est : Laetitia B..

Les gagnant.e.s des agendas sont : Laure H., Lina A. E. et Elodie S.. Les gagnant.e.s des lots de surligneurs sont : Solène D., Karen M., Servane B., Alissa W. K., Elvire CM, Manon T., Anne-Sophie G. et Nastya M..



La gagnante est : Chloé G..

La gagnante est : Rivka M..

  • ODEN vous offre 1 routine composée d’une huile démaquillante et un duo d’huiles vierges adaptées au type de peau de la/du gagnant.e (livraison en France métropolitaine et DROM COM). Profitez de 10% de réduction (sur la première commande) sur tout le site avec le code Dearlobbies (non affilié). Retrouvez ODEN sur Instagram

La gagnante est : Cendrine J..

Les gagnant.e.s sont : Axelle D., Elisa P., Nikita V., Thierry P. et Fanny B..

Les gagnant.e.s sont : Hind K. et Amélie P..

Les gagnant.e.s sont : Alexia L., Laure B. et Perrine B..

  • Sol Semilla vous offre 1 Superbox de Noël (livraison en France métropolitaine). Profitez de 10% de réduction avec le code Dearlobbies (non affilié) (valable jusqu’au 15/01/2021). Retrouvez Sol Semilla sur Instagram

Les gagnant.e.s sont : Agnes V..

  • Your Super vous offre 1 set immunité composé d’un Super Green mix d’un Forever Beautiful mix, d’un Mellow Yellow mix et d’un Magic Mushroom mix (livraison en Union Européenne et Etats-Unis). Profitez de 15% de réduction sur tout le site (sauf abonnements) avec le code Dearlobbies (affilié). Retrouvez Your Super sur Instagram.

La gagnante est : Estelle B..



Les participations sont désormais clôturées.

Je vous souhaite de très joyeuses fêtes !


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C’est l’été

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Nous nous installons à la terrasse du café, du côté est de la place, encore exposé au soleil.

Il fait bien meilleur que cet après-midi, le temps est plus frais, et les rayons sont un véritable délice pour la peau, nous en profitons.

Vu le contexte, nous apprenons à savourer l’instant présent, c’est même devenu indispensable.

C’est l’été.

Un petit vent frais soulève mes cheveux, je ferme les yeux.

J’ai tout de même du mal à prendre du recul. J’essaie de faire bonne figure, mais je ne me sens pas très stable émotionnellement.

Une larme coule sur ma joue.

Il pose sa main sur la mienne, me regarde fixement, puis attrape mes joues et colle son front contre le mien, alors que je sanglote.

Je respire de manière saccadée.

  • Sois forte, ma chérie !

Il dépose un baiser sur mes lèvres et sèche mes larmes, en tamponnant affectueusement mes joues rougies à l’aide de son mouchoir.

Hier, des manifestants ont encore été arrêtés, et nous sommes sans nouvelles de mon meilleur ami. Plus les heures passent, plus je ne peux m’empêcher d’angoisser.

Mes mains tremblent.

Je respire un bon coup, et tente de me ressaisir.

Je regarde autour de nous.

Je ne me sens plus en sécurité.

Les nouvelles lois semblent être respectées, les groupes disséminés aux quatre coins de la place n’excèdent en effet pas les trois personnes.

Plutôt que de me focaliser sur ces libertés que nous perdons les unes après les autres, je décide d’apprécier le fait de pouvoir être installée ici au soleil quelques instants. Je m’accroche à ce qu’il nous reste encore, comme si je sentais que tout allait filer entre nos doigts sans que nous ne puissions rien faire.

Nos chaises sont toutes tournées vers le soleil couchant, nos yeux sont fermés. Nous rechargeons notre énergie.

Nous ne parlons pas.

L’ambiance n’est plus ce qu’elle était, tout est si calme.

Les rires ont disparu.

Les chants aussi.

La vie aussi.

De temps à autres, nous entendons des détonations, sans réellement savoir d’où elles viennent. 

Elles sont de plus en plus fréquentes.

Les oiseaux s’envolent apeurés, et reviennent de moins en moins nombreux.

Les lueurs orangées illuminent les façades vitrées des immeubles, dont j’observe attentivement les moulures et revêtements, comme si tout avait subitement gagné en intérêt.

  • Dépêchons-nous, l’heure du couvre-feu approche. Nous nous retrouverons demain matin et discuterons de la suite des opérations après une bonne nuit de sommeil. Nous devons nous organiser. Nous n’avons plus le choix.

Nous quittons notre camarade en espérant qu’il ne se fasse pas arrêter sur le chemin du retour, car nous le savons, nous sommes tous surveillés.

Je le serre fort dans mes bras, et je n’aime pas ça.

Nous sommes au début de l’été.

Nous sommes au début de l’été, en 1936, en Espagne.

Nous sommes au début de l’été 1936, et nous ne le savons pas encore, mais les répressions successives que nous subissons sont les prémisses de l’instauration de la dictature franquiste.

Trois mois.

Trois mois seulement, auront permis à Franco de prendre le pouvoir, entre juillet et septembre 1936.

Trois petits mois.


À mon grand-père.

À tous.tes celles et ceux qui se battent et luttent pour nos droits, et qui subissent des répressions de plus en plus violentes.

À notre liberté.

À notre vigilance.


Au terme d’une manifestation sévèrement réprimée, le ministre de l’intérieur a annoncé l’interpellation de 142 ‘individus ultra-violents’. C’est faux. Les éléments réunis par Mediapart montrent que les policiers ont procédé à des arrestations arbitraires dans un cortège pacifique.

Anntton Rouget. Gérald Darmanin a maquillé les chiffres des interpellations lors de la manifestation à Paris. Mediapart, le 13 décembre 2020

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