La plupart des gens se gâchent l’existence en vertu d’un altruisme malsain et exagéré, qui, en fait, les amène à se la gâcher pareillement.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Ses émotions agitent I’homme plus que son intelligence, et, ainsi que je l’ai souligné il y a peu, dans un article sur le rôle de la critique, la souffrance attire plus aisément la sympathie que la réflexion. En conséquence, avec des intentions aussi admirables que mal orientées, très sérieusement, très amicalement, les hommes s’efforcent de remédier aux maux dont ils sont les témoins. Mais leurs médicaments ne guérissent pas la maladie, ils ne font que la prolonger. Disons que les remèdes participent de la maladie.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
De leur force collective, l’humanité tire une grande prospérité matérielle, tandis que I’homme pauvre n’a par lui-même absolument aucune importance. Il n’est que l’atome infinitésimal d’une force qui, loin de le respecter, le broie et d’ailleurs le préfère broyé, car plus docile.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Les pauvres, dit-on souvent, nous sont reconnaissants de notre charité. C’est vrai pour certains mais pour les meilleurs d’entre eux, ce n’est pas le cas, et ils se montrent ingrats, mécontents, indociles et rebelles. Et ils ont bien raison. A leurs yeux, la charité n’est qu’un mode de restitution partielle, ridicule et inapproprié, ou encore une aumône sentimentale, par laquelle l’âme charitable tente ordinairement d’opprimer leurs vies privées. Pourquoi éprouveraient-ils la moindre gratitude pour les miettes tombées de la table du riche, dès lors qu’ils commencent à comprendre qu’ils devraient y être assis ?
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Quiconque a étudié l’Histoire sait que la désobéissance est la vertu première de l’homme. C’est par la désobéissance et la rébellion qu’il a progressé.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
La reconnaissance de la propriété privée a vraiment nui à l’individualisme, l’a obscurci, en confondant l’homme avec ce qu’il possède. Elle l’a complètement fourvoyé. Lui a assigné pour objectif le gain, non l’élévation de soi. L’homme a cru qu’il importait d’avoir, ignorant qu’il importe d’être. La véritable perfection de l’homme réside non en ce qu’il a, mais en ce qu’il est.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’homme est tellement avide de biens matériels que nos lois ont toujours puni plus sévèrement les atteintes aux biens que les atteintes à la personne.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Dans une communauté comme la nôtre, où la propriété confère d’immenses distinctions, position sociale, honneurs, respect, titres, et autres agréments, l’homme, qui est naturellement ambitieux, se consacre à l’accumulation des biens, et continue inlassablement d’amasser alors qu’il déjà obtenu plus que ce qu’il désirait, plus qu’il ne pourra jamais utiliser, apprécier, voire connaître. L’homme se tue au travail pour acquérir des biens matériels, ce qui n’a rien de surprenant au vu des énormes avantages qu’il peut en tirer. Regrettons que la société soit ainsi faite qu’elle a dirigé l’homme vers une impasse où il est incapable de développer ce qu’il recèle de beauté, de noblesse, de délicatesse, où il ignore tout des plaisirs véritables de la vie.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Ce qu’un homme possède vraiment est en lui.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Avec la suppression de la propriété privée, nous devrions connaître un individualisme sincère, superbe et vigoureux. Personne ne perdra plus son existence à entasser des biens matériels, et leurs symboles. On vivra, et vivre est ce qu’il y a de plus rare au monde. La plupart des gens existent, voilà tout.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Pour moi, l’homme parfait est celui qui s’épanouit dans des conditions idéales, celui qui n’est ni blessé, ni affligé, ni menacé, ni en danger. La plupart des personnalités ont dû se comporter en rebelles. La moitié de leurs forces s’est dispersée en conflits. […] De tels combats ne rendent pas plus forts ; souvent, ils fragilisent.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le signe de la personnalité accomplie n’est pas la rébellion, mais la paix.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Elle n’entrera pas en conflit, ne contestera ni ne disputera. Elle ne voudra rien prouver. Elle saura tout, mais ne sera pas attachée à la connaissance. Elle aura la sagesse en partage, et sa vertu ne se mesurera pas à des biens matériels. Elle ne possédera rien, et pourtant elle aura tout et, quoi qu’on lui prenne, elle ne perdra rien, tant elle sera riche. Elle ne se mêlera pas sans cesse des affaires des autres, ni ne leur demandera qu’ils lui ressemblent. Elle les aimera du fait même de leur différence. D’ailleurs, même sans intervenir, elle aiderai tout le monde, comme une belle chose nous aide, en étant ce qu’elle est.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
“Connais-toi toi-même !” pouvait-on lire sur le portique du monde antique. Sur celui du monde nouveau on lira : “Sois toi-même !”.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
On peut dérober à un homme ses richesses ordinaires. Pas les vraies richesses.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le monde hait les individualistes. Mais cela ne les dérange pas, ils restent calmes et indépendants.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Ce que les gens disent d’un homme ne le change pas. Il est ce qu’il est. De toute façon, l’opinion publique est sans valeur.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
La personnalité est chose fort mystérieuse. Un homme ne peut être toujours évalué selon ce qu’il fait. Il peut obéir aux lois, tout en ne valant rien. Il peut les transgresser en étant un homme de bien.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Tout ce qui est imitation en morale ou dans la vie est mauvais.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’homme n’appartient pas à un seul type. Il y a autant de formes de perfection que d’hommes imparfaits. Et si un homme peut répondre aux exigences de la charité tout en demeurant libre, nul ne peut céder aux sollicitations du conformisme et le demeurer en quelque manière que ce soit.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le despotisme est injuste à l’égard de tous, y compris pour le despote, sans doute capable de mieux. Les oligarchies sont injustes pour la majorité, et les ochlocraties pour la minorité.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
On a fondé de grands espoirs sur la démocratie, mais elle n’est en fait que la domination du peuple, par le peuple, pour le peuple. On s’en est rendu compte, et il était temps parce que toute autorité est parfaitement dégradante, pour ceux qui l’exercent comme pour ceux sur qui elle s’exerce. Si elle s’exerce avec violence, grossièreté, cruauté, elle a un effet salutaire, car elle crée, ou en tout cas révèle l’esprit de révolte et l’individualisme qui pourront l’anéantir. Si elle s’exerce avec une certaine douceur, en distribuant prix et récompenses, l’autorité est affreusement démoralisante, puisque moins conscients de la pression horrible qu’ils subissent, les gens mènent leur existence dans un confort médiocre, comme des animaux de compagnie, sans même se rendre compte que leurs pensées sont en tout conformes à celles des autres, qu’ils vivent selon les mêmes critères, ont pour se vêtir les dépouilles des autres, et ne sont eux-mêmes à aucun moment.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
« Qui veut être libre, a dit un grand penseur, ne doit pas être conforme. » Et l’autorité, en incitant les gens à se conformer aux autres, engendre parmi eux la plus grossière espèce de barbarisme repu.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
« Qui veut être libre, a dit un grand penseur, ne doit pas être conforme. » Et l’autorité, en incitant les gens à se conformer aux autres, engendre parmi eux la plus grossière espèce de barbarisme repu.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
En l’absence de tout châtiment, ou bien le crime disparaîtra, ou bien il sera traité par des médecins, avec attention et douceur, comme une forme pitoyable de démence.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
La jalousie, source permanente de crimes dans la vie moderne, est étroitement liée à nos conceptions de la propriété.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Actuellement, les machines font concurrence à l’homme. Dans des conditions appropriées, la machine sera au service de l’homme. Tel est sans conteste l’avenir du machinisme.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’esclavage humain est odieux, dangereux et démoralisant. L’avenir du monde repose sur l’esclavage mécanique, l’esclavage des machines.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Dès qu’une communauté, ou une partie importante de cette communauté, ou un quelconque gouvernement, essaie de dicter à l’artiste ce qu’il doit faire, l’art disparaît totalement, ou devient stéréotypé, ou dégénère en une médiocre et ignoble forme d’artisanat. Une œuvre d’art est le produit unique d’un tempérament unique.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
C’est parce que l’art est une forme intense d’individualisme que le peuple tente d’exercer sur lui une autorité aussi ridicule qu’immorale, aussi corruptrice que méprisable.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’art ne doit jamais chercher à être populaire ; c’est au public de se faire artiste lui-même.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il y a peu d’années encore, la philosophie et la science étaient soumises au contrôle grossier du peuple, ou plutôt à l’autorité – autorité de l’ignorance générale d’une communauté, autorité aussi de la violence et de l’appétit de pouvoir de la classe ecclésiastique ou gouvernementale. Bien entendu, nous nous sommes débarrassés dans une large mesure de tout contrôle émanant de la communauté, de l’Eglise ou du gouvernement, sur l’individualisme de la pensée spéculative, mais sur l’individualisme des arts d’imagination le contrôle survit encore. A la vérité, il ne survit pas seulement, il se montre agressif, offensant, brutal.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
S’il est une chose que déteste le public, c’est la nouveauté. Toute tentative d’élargir le domaine de l’art lui est désagréable, alors que la vitalité et les progrès de l’art dépendent pour une grande part de l’extension de son domaine. Le public déteste la nouveauté parce qu’il en a peur. Il y voit un genre d’individualisme, la prétention de l’artiste à choisir son sujet propre et à le traiter à son gré. Le public a bien raison de réagir ainsi. L’art est individualiste, et l’individualisme dérange. Il désintègre. Là réside son immense valeur, car ce qu’il entend déranger, c’est la monotonie du stéréotype, l’esclavage de la tradition, la tyrannie de l’habitude et de la réduction de l’homme au niveau de machine.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le fait est que le public d’un pays utilise ses classiques comme pierre de touche pour contrôler la progression de l’art. Il ravale les classiques au rang d’autorités, qui lui servent d’armes pour empêcher la beauté de s’exprimer librement sous des formes nouvelles.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Face à toute beauté nouvelle le public est si déçu, furieux et apeuré qu’il s’en tient toujours à ces deux expressions stupides : cette œuvre est parfaitement incompréhensible ; elle est carrément immorale. Je crois savoir ce que signifient ces formules. Quand une œuvre est ainsi jugée incompréhensible, c’est que l’artiste a dit ou fait quelque chose de magnifique et de vrai. La première expression se réfère au style, la seconde au sujet.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’artiste véritable a en lui une absolue confiance car il est absolument lui-même.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’artiste gagne toujours à être attaqué. Son individualité en est stimulée. Il devient plus complètement lui-même.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Une œuvre d’art saine est celle dont le sujet procède directement du tempérament de l’artiste.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
On dit souvent que la force physique n’est pas un argument. Cela dépend de ce que l’on veut prouver.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
La presse nous domine.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il est vrai que le public est doté d’une soif de tout connaître, à l’exception de ce qui le mérite. La presse en est consciente et, pour des raisons commerciales, satisfait la demande.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Quelques journalistes éprouvent sans doute un plaisir véritable à publier des articles ignobles ; d’autres, peu fortunés, voient dans les scandales une source permanente de revenus. Mais il y a d’autres journalistes, j’en suis sûr ; des hommes éduqués, cultivés, qui répugnent à publier de tel articles, savent que c’est mal, et le font seulement parce que leurs conditions de travail les obligent à offrir au public ce qu’il attend, et à rivaliser avec les autres journalistes de sorte que cette pâture puisse satisfaire pleinement le grossier appétit populaire. C’est là une position dégradante pour tout homme bien élevé, et je ne doute pas que la plupart le ressentent amèrement.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Pourquoi le public ne devient-il pas plus civilisé ? Il en est capable. Qu’est-ce qui l’arrête ? Ce qui l’arrête, répétons-le, c’est ce désir d’exercer son autorité sur l’artiste et sur les œuvres d’art.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Si quelqu’un aborde une œuvre d’art avec le désir d’exercer son autorité sur elle et sur l’artiste, il sera incapable d’en recevoir la moindre impression artistique. C’est l’œuvre d’art qui doit dominer le spectateur, et non le contraire. Le spectateur, lui, doit être réceptif.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Les idées sur l’art des gens cultivés sont naturellement puisées dans le passé, dans ce que l’art a été, tandis que l’œuvre d’art nouvelle tient sa beauté de ce qu’elle n’a jamais été.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Au théâtre, au premier acte, il peut se produire quelque chose dont la valeur artistique ne sera perçue par le spectateur qu’au troisième ou au quatrième acte. L’imbécile va-t-il alors se fâcher, s’exclamer, troubler la représentation, gêner les artistes ? Non. Quant à l’honnête homme, il va rester assis, goûtant les émotions délicieuses de l’admiration, de la curiosité, du suspens.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
L’autorité populaire et sa reconnaissance sont fatales.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le véritable artiste ne se soucie en rien du public.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il ne s’est jamais demandé ce que le public désirait, il ne s’en est même jamais soucié. Il n’a jamais autorisé le public à lui dicter quoi que ce fût, ni à l’influencer. Il a continué à développer sa personnalité, à produire son travail personnel. Au début, il n’avait aucun lecteur, mais ça lui était égal. Puis, il en a eu peu à peu, mais ça ne l’a changé en rien. Aujourd’hui, il a des lecteurs en foule, mais il est toujours le même : un romancier incomparable.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Les gens se demandent parfois quelle forme de gouvernement est la plus favorable à l’artiste. Il n’y a qu’une réponse à cette question ; la forme de gouvernement la plus appropriée à l’artiste est l’absence de gouvernement. Toute autorité sur l’artiste ou sur son art est ridicule.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il est inutile de distinguer l’empereur de la populace : toute autorité est mauvaise.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il y a trois espèces de despote. Celui qui tyrannise les corps. Celui qui tyrannise les âmes. Celui qui tyrannise et les corps et les âmes. Le premier, c’est le prince. Le deuxième, le pape. Le troisième est le peuple.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Le passé ne compte pas. Le présent non plus. Occupons-nous de l’avenir. Le passé est ce que l’homme n’aurait pas dû être. Le présent, ce qu’il ne devrait pas être. L’avenir appartient aux artistes.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
La seule chose que nous sachions vraiment de la nature humaine, c’est qu’elle change. Ce changement est sa seule qualité. Tous les systèmes qui ont échoué étaient fondés sur la permanence de la nature humaine, sa croissance et son développement.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Un des résultats de l’extraordinaire tyrannie de toute autorité, c’est que les mots sont totalement détournés de leur sens véritable.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
On vous traite d’égoïste si vous vivez de la façon qui vous semble le mieux adaptée à l’épanouissement de votre personnalité, si l’objectif premier de votre vie est le développement personnel. Or c’est ainsi que chacun devrait vivre. L’égoïsme n’est pas de vivre comme on le souhaite, c’est d’exiger des autres qu’ils vivent comme on le souhaite. Et l’altruisme, c’est de permettre aux autres de vivre à leur guise, sans se mêler de leurs choix. L’égoïsme vise constamment à créer autour de lui une uniformité totale. L’altruisme considère qu’une diversité infinie est une merveille ; il l’accepte, l’approuve et s’y complaît.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Ce n’est pas égoïste de penser par soi-même. Qui ne pense pas par lui-même ne pense pas du tout.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
C’est grossièrement égoïste d’exiger de votre voisin qu’il pense comme vous et partage vos opinions. Pourquoi le ferait-il ? S’il est capable de penser, il pense différemment. S’il en est incapable, ce serait monstrueux d’exiger de lui la moindre pensée. Il n’est pas égoïste, pour un rose rouge, de vouloir être une rose rouge, mais elle se montrerait affreusement égoïste en exigeant que toutes les autres fleurs du jardin soient des roses, et des roses rouges.
Source : Oscar Wilde. L’âme humaine. Arléa, 2006. 1891. 78 p.
L’égotiste a des exigences envers les autres. L’individualiste non, puisque ça ne lui apporte aucune satisfaction.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
N’importe qui peut compatir aux souffrances d’un ami, mais il faut une nature très noble – en fait celle d’un véritable individualiste – pour se réjouir de ses succès.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Souvenons-nous que, si le partage de la joie augmente la joie dans le monde, le partage de la souffrance ne diminue celle-ci en rien. Il se peut qu’il rende l’homme plus apte à endurer le mal, mais le mal demeure.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Il est rare que le monde ait prôné un idéal de joie et de beauté. On lui a bien plus souvent préféré le culte de la souffrance.
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
Source
Oscar Wilde. L’âme humaine. 1891. Arléa, 2006. 78 p.
